Voyage à Loikaw

Nous sommes au mois de Novembre. Ciel bleu profond au-dessus du lac Inlé et langues de brumes accrochées aux montagnes environnantes du pays PaO. Notre barque rapide vient de quitter l’embarcadère de Nyaung Shwe, tout au Nord du lac. Déjà, bien qu’il ne soit qu’environ 7h00, nous croisons les premières embarcations de pêcheurs ou de paysans Intha à la recherche d’algues qu’ils utilisent comme engrais pour leurs jardins flottants. En frôlant leurs étroites pirogues, nous pouvons observer leur curieuse manière de ramer avec leur pied tandis qu’ils nous adressent un sourire cordial.

Nous filons vers le Sud. Autour de nous, la lumière si caractéristique de l’aube rapproche de nous les montagnes qui encadrent le lac. C’est une heure où les moindres détails du paysage sont visibles. Tout est encore calme et serein sur le lac qui s’éveille. La fraîcheur piquante de l’air matinal rougit notre visage.

Après un peu plus d’une heure de navigation régulière, notre première étape est le village de Hmawbi, à la pointe Sud du lac. Direction le marché qui se tient là aujourd’hui, juste à côté de l’embarcadère. S’y sont donnés rendez-vous les paysans PaO qui ont traversé les montagnes en char à boeufs pour vendre légumes et ustensiles et s’approvisionner en poissons du lac que les femmes Intha ont disposés par terre sur de grandes feuilles de lotus. Aucun touriste en ces lieux déjà éloignés des hôtels de Nyaung Shwe et de la rive Nord du lac Inlé. Nous circulons dans de petites allées en terre battue, au milieu de groupes animés en costumes traditionnels noirs et rouges. Notre guide achète un grand sac de thé vert séché, un des meilleurs de Birmanie, et nous offre de grandes galettes de riz soufflé si légères qu’elles s’envolent presque dans la brise du matin.

Nous embarquons à nouveau, en direction du lac Sakar qui communique avec le lac Inlé par un petit détroit. Nous dépassons sur notre gauche Naung Bo, village voisin de Hmawbi, réputé pour ses poteries. Un vol d’oiseaux migrateurs prend son vol derrière nous après avoir passé la nuit sur le lac.

Bref arrêt sur la rive à un petit poste de police. Notre guide y présente les permis fournis par l’agence Myanmar Mosaic, formalité indispensable pour accéder à l’état Kayah. Encore quelques minutes de barque et nous arrivons au village de Sakar gardé par un extraordinaire groupe de Bouddhas inondés qui émergent çà-et-là à la surface de l’eau, certains à moitié noyés, d’autres sur de minuscules îles envahies de banyans.

L’air vivifiant du lac nous a ouvert l’appétit. Nous faisons halte dans un petit restaurant établi dans une maison flottante en lisière du village de Sakar. On nous sert le plat traditionnel du lac Inlé, le Nga Dukkha, sorte de carpe farcie avec des épices, présenté avec des légumes cultivés sur place.

Notre dernière étape en bateau nous mène jusqu’au lac de Pekoun, presqu’aussi grand que le lac Inlé, situé en enfilade du lac de Sakar vers le Sud. Vers 14h, nous abordons dans la petite ville de Pekoun, sur la rive Ouest du lac. Nous sommes à l’entrée de l’état Kayah, un des états les plus secrets de Birmanie. Ouvert au tourisme pour la première fois en 2007, son accès a depuis été alternativement autorisé ou non aux étrangers. Paradoxalement, il abrite une des cultures du Myanmar les plus connues dans le monde : celle de l’ethnie Padaung, rendue célèbre par ses femmes-girafes, que l’on peut rencontrer dans les villages qui entourent la capitale Loikaw.

C’est vers cette dernière que nous nous dirigeons maintenant, en voiture cette fois. Nous traversons une région de rizières. Comme c’est la saison de la récolte, nous pouvons observer les activités des paysans : moisson réalisée parfois avec de petites machines manuelles, la plupart du temps avec des buffles ou des zébus, battage et tamisage du riz, brûlage des chaumes dans les champs.

Au bout d’environ deux heures d’une route plutôt accidentée, vers la fin de l’après-midi, nous parvenons à Loikaw, bourgade calme bâtie à environ 1000 mètres d’altitude sur un haut plateau. Première étape : notre hôtel, pas vraiment aux standards du confort moderne, en raison du faible nombre de visiteurs, mais à l’accueil authentique et chaleureux. Mais déjà, les visites nous appellent. Direction la pagode de TaungKwe. Curieux monument très ancien qui est devenu le symbole de l’état Kayah, bien que la population de celui-ci soit chrétienne pour moitié. Constituée de deux stupas construits au sommet d’un piton très raide, divisé en deux par une profonde faille. Nous accédons au premier sanctuaire par un escalier de 188 marches taillées dans la roche. Le deuxième ne peut être atteint que par une passerelle jetée au-dessus du précipice. C’est depuis son parvis que nous admirons le Soleil qui se couche sur le plateau Kayah.

À la descente, de sourdes psalmodies montant de l’obscurité parviennent à nos oreilles. Intrigués, nous interrogeons notre guide local, qui nous révèle l’existence d’un grand monastère Bouddhiste, au pied de la colline de TaungKwe. Nous y retournerons le lendemain matin, pour découvrir la vie des environ six cents moines, la plupart issus des ethnies de l’Est du Myanmar, qui y étudient les textes sacrés du Bouddhisme Theravada.

Pour l’instant, c’est le marché local qui nous attend dans les dernières lueurs du jour. Chaque soir, le long d’un des ruisseaux qui sillonnent Loikaw, les habitants se rassemblent pour s’approvisionner en légumes et en poissons frais. Nous prenons le dîner sur place, dans un petit restaurant aménagé sur les rives, avant de rejoindre l’hôtel.

Le lendemain matin, après la visite du grand monastère d’enseignement, nous partons à la rencontre des fameux Padaung. Le village qui nous accueille est réputé pour ses poteries brillantes en terre cuite additionnée de poudre de pierre du pays. Comme dans beaucoup des villages des alentours, on y pratique également les tissages, pour fabriquer entre autres des sacs et des écharpes. Les vieilles dames que nous rencontrons, alertes malgré les incroyables anneaux qui entourent leur long cou et leurs chevilles, tentent de nous expliquer leurs techniques en souriant, mais la plupart des habitants ne parlent pas même le birman ! Avec l’aide de notre guide, et avec beaucoup de rires et de gestes, nous parvenons néanmoins à discuter quelques instants. Nous leur offrons des feuilles de bétel et des noix d’arec achetées au marché puis reprenons la route vers Loikaw.

Aujourd’hui, c’est la grande fête de Kathein, qui marque la pleine Lune du mois de Novembre. C’est l’occasion pour les Bouddhistes de réaliser des offrandes collectives aux monastères. Les fidèles se regroupent par quartier, par bureaux, par écoles… pour mettre leurs dons en commun et les offrir au monastère qu’ils ont choisi. Ces événements sont accompagnés par des processions et des fêtes très animées. Devant un lycée du centre de Loikaw, nous remarquons une animation particulière et nous nous arrêtons pour observer les préparatifs de la fête. Remarquant notre curiosité, les organisateurs proposent à notre guide de nous inviter au déjeuner, prévu pour 2000 personnes ! Nous nous joignons à la foule en liesse, au milieu des musiciens et des danseurs. Après le repas, les participants se chargent des offrandes puis se regroupent en procession pour rejoindre le monastère auquel elles sont destinées.

Pendant un long moment, nous les regardons s’éloigner, puis nous nous rendons dans le quartier Kayah traditionnel de Loikaw. Le long de ruelles en terre battue s’alignent des maisons en bois sur pilotis. Parfois, nous apercevons de vieilles dames en costume Kayah. Très timides, elles n’osent généralement pas s’approcher de nous, mais elles se laissent facilement convaincre par notre guide, grâce à qui nous pouvons échanger quelques mots avec elles !

Bientôt s’achève notre deuxième jour dans l’état Kayah. Demain, nous reprendrons la route en direction de Kalaw, dans l’état Shan, d’où nous ferons une randonnée de trois jours qui nous mènera de village en village à travers des montagnes et des forêts.

 

 

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